Résultats de l’enquête discrimination dans l’enseignement sup’ du Haut-Rhin

Enquête de la CSTE sur l’ampleur des discriminations dans l’enseignement supérieur

La CSTE publie les résultats de l’enquête sur les discriminations dans l’enseignement supérieur dans le Haut-Rhin. Cette enquête s’inscrit dans une volonté de mettre des chiffres concrets sur des situations vues et vécues au quotidien. Elle a été menée du 6 octobre 2025 au 27 février 2026, récoltant 427 réponses, révélant ainsi des chiffres qui ne sont pas un hasard, mais le produit de systèmes d’oppression et du manque de moyens mis en œuvre pour les combattre.

Pas des faits isolés, mais des violences qui se recoupent et qui se répètent

Le climat politique global est celui d’une montée de l’extrême-droite, d’une normalisation de ses idées réactionnaires et discriminantes : racisme, sexisme, LGBT+phobies, validisme, islamophobie… Les discours qui étaient légitimement considérés comme inacceptablesdeviennent aujourd’hui une question d’opinion, d’angle

Avec cette droitisation du paysage politique, les libéraux se sentent toujours plus à l’aise pour acter des mesures racistes, de précarisation, qui frappent les étudiant•es toujours plus violemment : avec “Bienvenue en France” (multiplication par 16 des frais d’inscription pour les étudiant•es internationales•aux), la suppression des APL pour les étudiant•es étranger•ères,… des politiques ignobles et racistes, qui n’ont qu’une motivation : trier les étudiant•es qui viennent étudier en France.

La montée des discriminations dans un contexte international de fascisation

Les chiffres révélés par l’enquête ne laissent pas de place au doute : ¼ des étudiant•es interrogé•es disent avoir subi des discriminations dans l’enseignement supérieur. C’est seulement 13% des personnes discriminées qui disent que cela n’est arrivé qu’une fois.

Ces chiffres révèlent l’ampleur systémique des discriminations, qui ne peuvent pas être ignorées. Nombre de ces discriminations vécues ne sont pas à prendre comme des cas isolés et se croisent très souvent. Par exemple, les femmes signalent 5 fois plus avoir été victimes de discriminations que les hommes.

Les enseignant•es ressortent comme une cause de discrimination non négligeable,en raison du rapport de force qui les place au-dessus des étudiant•es dans la hiérarchie, avec 21,57% des répondant•es qui estiment avoir vécudu harcèlement d’ambiance.

En ce qui concerne les victimes de discriminations, elles n’ont souvent pas la certitude de savoir quoi faire : c’est quasiment la moitié des étudiant•es interrogé•es (48%) qui n’ont pas la certitude qu’une cellule de lutte contre les Violences Sexistes et Sexuelles existe ou qui n’en ont pas connaissance.

Un besoin urgent de moyens de lutte contre les discriminations

Face à ces constats, la CSTE dénonce le manque de financement dédié à l’ESR, qui contribue au manque d’efficacité des dispositifs de lutte contre les VSS, lorsqu’ils existent. Nous revendiquons :

Les discriminations n’ont pas leur place à l’université, ni ailleurs. Nous continuerons de nous mobiliser contre tous les systèmes d’oppression !

  • La formation obligatoire et régulière des enseignant-es/professeur-es, personnel-les aux questions de VSSH et discriminations
  • L’embauche d’une seconde personne à la mission égalité diversité
  • “ Même étude, même droit” = une modification des règlements pour garantir le même accès à tous-tes