Des Data-centers à Petit-Landau : 3,5 fois le Campus Illberg en terres agricoles sacrifiées et détruites pour Microsoft

À Petit-Landau, un nouveau bébé veut voir le jour : un Data-center de Microsoft sur 36 hectares, au sud de l’entreprise Euroglas. C’est donc l’équivalent de 40 Stade de France qui serait construit sur les champs de blé et de maïs à côté des fermes du Petit-Landeau, d’Hombourg et de Niffer. Mais en plus, le site en lui-même veut s’étendre sur 1,4 km, soit 70 hectares de terres agricoles,représentant environ 3,5 Campus Illberg.

Nourrir les habitant⸱es du coin n’est clairement pas la priorité du géant qui en plus n’a eu aucun ou peu de contact avec la commune et qui a tout décidé avec la M2a (Mulhouse Alsace Agglomérations).

La pollution

Rien que la construction d’un tel Data-Center entraînerait des émissions de CO2 importantes. De plus, bétonner les sols et les rendre inutilisables est un fléau, et les risques de fuite de gazs fluorés, polluants l’atmosphère, sont également présents. La climatisation pour maintenir la température des refroidissements engendre une consommation supplémentaire.

Alors que les sécheresses ravagent déjà la région et que des restrictions sur la consommation d’eau sont déjà en place, pour rassurer les habitant·es, le géant États-Unien indique que son refroidissement se fait en circuit fermé et qu’aucune eau ne serait prélevée du canal…

Mais un refroidissement en circuit-fermé ne règle pas tout : les données stockées, et l’arrivée des IA surconsomme ces centres, et les efforts d’un circuit-fermé ne mènent à rien : l’objectif de consommer moins ne sera pas maintenu.
D’ailleurs, à Marseille, Digital Reality faisait également la promesse d’un circuit-fermé, pourtant des enquêtes ont révélé que l’un des data-center de l’entreprise utilisait la cunette d’eau potable de la galerie de la Mer. On sait à quel point les entreprises privées piétinent les droits et les promesses.

De plus, la consommation d’énergie pour alimenter ce data-center est également un désastre, car la consommation électrique à servir pour ce data-center serait de 25 000 foyers moyens, soit la consommation de 50 000 à 75 000 personnes.

Et si un incendie advient ?

En cas d’incendie, comme cela était le cas à Strasbourg pour l’OVHCloud, c’est des quantités abominables d’eau qui serait consacré à éteindre une central de données. L’entreprise privée est donc une réelle pression sur les ressources naturelles de la région. Car entre une personne agricultrice et un géant avec les poches remplis à ras bord, on sait qui sera choisi en priorité, surtout avec les politiques libérales actuelles.


Les GAFAM sont toutes complices, et au niveau local, n’hésiteront pas à précariser les habitant•es vivant aux alentours, que cela passe par l’accaparement des terres, par une offre d’emplois précaires ou non adaptés ou encore par la hausse du coût de la vie après l’implantation.

Microsoft et Israël

N’oublions pas également qu’au niveau international, le géant États-Unien fournit du stockage cloud et des services d’IA à l’armée israélienne qui en ce moment même commet un génocide des palestinien·nes, et qu’il emploie un millier d’ancien•nes soldat•es et agent•es d’Israël. Le géant n’hésite pas à bloquer les e-mails de ses employé•es qui contiennent des mots en rapport avec la Palestine et Gaza.

L’utilité ?

Enfin, à quoi servira ce data-center ? à du Cloud Computing : fournir de la puissance de calcul pour les IA et stocker, gérer et traiter des données à distance.

Alors que le Cloud Act est entré en vigueur, forçant toutes entreprises États-Uniennes à fournir leurs données aux autorités États-Uniennes, même en dehors des États-Unis, quel est l’intérêt d’autoriser de telles entreprises à émerger, récolter et exploiter nos données ?

À l’heure où Donald Trump et son cabinet multiplient les attaques physiques et juridiques envers les habitant•es des États-Unis, quel est l’intérêt de laisser ces géants nous surveiller également ?

L’aliénation des 200 emplois.

Et sur les 200 emplois promis : les emplois de maintien comme les agent·es de sécurité et d’entretien, déjà invisibilisés, exploités, et dénigrés par les GAFAM, sont sous-traités par des boîtes d’intérim permettant de ne pas respecter les droits du travail.

Dans ces 200 emplois, la plupart sont des emplois aliénants : des emplois où 99% du temps, il n’y aura rien à faire, où vous devez faire semblant d’être occupé Soit les travailleur·euses n’auront que 6 tâches dans la journée, soit iels seront débordé·es, avec 400 à réaliser en un jour.

De plus, les patron⸱nes pensent déjà à l’automatisation, car les data-centers pourraient bel et bien s’entretenir eux-même. Entre maintenir des emplois qui touchent à leur porte-monnaie et les supprimer, on sait très bien de quel côté sont les GAFAM…*

L’ESR et Microsoft

S’il manque du personnel, le géant a à sa disposition des universités et des écoles juste à coté, et si la privatisation des services publics par Macron continue, le géant n’hésitera pas à imposer son programme dans l’enseignement grâce à l’argent. Tout comme les industries et lobbies pétroliers, Microsoft pourra dicter ce que les étudiant⸱es apprendront, afin de faire de l’ESR un marché où sont sacrifié·es les étudiant⸱es pour correspondre aux besoins du patronat.

La corporatisation applique le modèle de l’entreprise à l’enseignement, ce qui est simplement lunaire. L’apprentissage et l’enseignement ne passent pas par des objectifs chiffrés, des benchmarks, et des ticketings.